Préparation et sécurité pour tester un moteur électrique
Tester un moteur commence bien avant d'approcher un multimètre : la préparation et la sécurité sont essentielles pour garantir des mesures fiables et protéger l'opérateur. Dans ce premier volet approfondi, nous allons détailler de manière exhaustive toutes les étapes préalables, les précautions obligatoires, la compréhension des schémas électriques et la distinction des types de moteurs concernés. Comprendre comment tester un moteur implique d'abord de connaître le rôle du moteur dans l'appareil électroménager ou industriel, d'identifier s'il s'agit d'un moteur asynchrone (à induction), d'un moteur synchrone, d'un moteur universel (à charbon/collecteur), ou d'un moteur à courant continu (CC). Chaque famille de moteurs présente des caractéristiques électriques et mécaniques différentes, ce qui influe sur la procédure de test à adopter, la sélection des outils et l'interprétation des résultats. Avant toute intervention, il faut s'assurer que l'alimentation est coupée et verrouillée si possible. Le concept de consignation et d'étiquetage (lockout/tagout) est à appliquer pour éviter toute remise sous tension accidentelle. Il est recommandé d'utiliser des protections collectives et individuelles : gants isolants homologués, lunettes de protection, vêtements sans parties pendantes, chaussures de sécurité et, si nécessaire, protection auditive. La zone de travail doit être sèche, propre et bien éclairée. Pour les moteurs utilisés dans des appareils électroménagers, retirez l'appareil de son alimentation, débranchez la fiche et protégez vous contre les condensateurs encore chargés (par exemple dans les circuits de démarrage ou de puissance). Lors d'essais sur des moteurs qui ont été récemment alimentés, laissez le temps aux composants de se décharger ou procédez à une décharge contrôlée des condensateurs par une résistance adaptée. Apprendre comment tester un moteur demande aussi de savoir lire un schéma électrique : repérez les enroulements stator et rotor, les bornes de connexion, la présence d'un condensateur de démarrage ou de fonctionnement (sur certains moteurs monophasés), les dispositifs de protection thermique intégrés (thermostats, fusibles thermiques), et les contacts de commande (relays, cartes électroniques). Identifier le type de moteur et son mode d'alimentation (mono 230 V, tri 400 V, basse tension CC) conditionne les valeurs de mesures attendues. Par exemple, un moteur asynchrone triphasé de 230/400 V aura des résistances d'enroulement faibles (de quelques ohms à des dizaines d'ohms), tandis qu'un moteur universel peut présenter des résistances plus élevées selon sa taille. Les mesures d'isolement s'exprimeront en mégohms et varient selon la tension nominale et l'âge du moteur. Une préparation mentale et documentaire est aussi importante : conservez la fiche signalétique du moteur, notez les données plaque (puissance en kW ou W, courant nominal, tension, cos phi, vitesse, nombre de pôles). Ces données permettent d'estimer la santé électrique du moteur et de comparer aux valeurs nominales. Avant d'ouvrir un carter, prenez des photos des connexions et repères afin de pouvoir remonter proprement. Si le moteur est monté dans une machine (lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge), identifiez la liaison mécanique (courroie, poulie, engrenage) et, si nécessaire, démontez la transmission pour isoler le moteur. Un bon plan de test comprend au minimum : vérification visuelle complète (usure, brûlures, odeur de grillé, rouille, traces de court-circuit), test de continuité des enroulements (avec multimètre), mesure de la résistance d'enroulement, test d'isolement (avec mégohmmètre) pour vérifier la qualité de l'isolant entre enroulements et masse, inspection mécanique (jeu axial et radial, état des roulements, état du collecteur et des balais pour moteurs à collecteur), et enfin une série d'essais sous tension en sécurité (mesure du courant de démarrage et du courant sous charge, observation des vibrations, mesure de la tension appliquée et des éventuelles chutes de tension). Lors de la préparation, planifiez également l'utilisation d'outils adaptés : multimètre numérique précis, mégohmmètre pour les tests d'isolement, pince ampèremétrique pour mesurer le courant sans interrompre le circuit, oscilloscopes pour observer la forme d'onde sur moteurs alimentés par variateur, analyseur de moteurs (si disponible) pour des diagnostics avancés, et outils mécaniques pour démontage (clés, extracteurs, cales). Une préparation mentale inclut aussi la connaissance des limites de l'intervention : interventions sur moteurs protégés par électronique de puissance, moteurs intégrés à des circuits haute tension ou soumis à des normes particulières (par ex. appareils certifiés) peuvent nécessiter l'intervention d'un technicien agréé. Enfin, notez l'importance de la traçabilité : consignez toutes les mesures, horodatage, valeurs avant et après intervention pour documenter la réparation et faciliter un diagnostic ultérieur. En somme, connaître comment tester un moteur commence par la sécurité, l'identification du type de moteur, la lecture des plaques signalétiques, la préparation des outils et des procédures de test. Ces étapes initiales garantissent des tests fiables et sûrs et constituent la base pour les mesures détaillées que nous décrirons dans les volets suivants.
Outils et instruments indispensables pour tester un moteur : multimètre, mégohmmètre, pince ampèremétrique
Le choix des instruments est déterminant pour obtenir des diagnostics fiables quand on cherche à savoir comment tester un moteur. Ce deuxième chapitre passe en revue, en détail technique et pratique, tous les outils recommandés, leurs plages de mesure, leurs limites, les accessoires utiles, et la méthode d'utilisation adaptée selon le type de moteur. Le multimètre numérique constitue l'outil de base : il permet de mesurer la tension (AC/DC), la continuité, la résistance, et parfois la capacité. Pour tester un moteur, un multimètre doit offrir une bonne précision sur la basse résistance (milli-ohms à quelques ohms) et une fonction d'audible pour la continuité. Les tests de résistance d'enroulement nécessitent parfois un ohmmètre avec une source de courant suffisante pour compenser les effets thermoélectriques. Le mégohmmètre (ou testeur d'isolement) est essentiel pour vérifier l'intégrité de l'isolant entre enroulements et masse. Un test d'isolement classique se fait à 500 V ou 1000 V selon la tension nominale du moteur : on mesure des dizaines à des milliers de mégohms pour un enroulement sain. Des valeurs faibles (quelques mégohms ou moins) indiquent une isolation altérée, souvent due à l'humidité, à la contamination ou à la dégradation du vernis isolant. La pince ampèremétrique (ou pince de courant) est précieuse pour mesurer le courant absorbé par le moteur sans sectionner le circuit. Elle permet d'observer le courant de démarrage (plusieurs fois le courant nominal) et le courant en service, utile pour déceler un enrôlement mécanique excessif, un blocage ou un enroulement endommagé. Une pince ampèremétrique équipée d'une fonction d'enregistrement ou d'une mesure de transitoires est un plus pour analyser les soubresauts au démarrage. L'oscilloscope devient utile lorsque l'on teste des moteurs alimentés par variateur de fréquence (VFD) ou lorsqu'on suspecte des problèmes d'onde (distorsions, harmoniques) : il permet d'observer la forme d'onde de la tension et du courant, d'identifier des parasites, des surtensions rapides qui peuvent dégrader l'isolation ou endommager les capteurs électroniques. Un analyseur moteur dédié (motor tester) combine souvent plusieurs fonctions : tests d'isolement, test du rapport d'inductances, détection de courts-circuits entre spires, mesure du déséquilibre des enroulements et des défauts mécaniques (ex. polarité, défaut de rotor). Pour les tests capacitifs (sur moteurs monophasés avec condensateur), un capacimètre est utile pour contrôler la capacité et la perte (tangent delta) ; un condensateur de démarrage défaillant entraînera un mauvais démarrage et des mesures de courant élevées. Un LCR-mètre (inductance, capacité, résistance) est pratique pour mesurer l'inductance des enroulements et détecter un enroulement partiellement court-circuité. En outre, quelques accessoires sont indispensables : cordons de mesure isolés, pinces crocodiles, embouts pointus, sondes de masse, et adaptateurs pour accéder aux bornes dans des espaces restreints. Pour les essais mécaniques, un comparateur de vibration, un tachymètre optique pour mesurer la vitesse (RPM), et un palmer ou jauge d'épaisseur pour vérifier le jeu des pièces sont utiles. Ne négligez pas un outillage mécanique classique (extracteurs de roulements, presse, clé dynamométrique) pour démonter et remonter en sécurité. Du point de vue des EPI (équipements de protection individuelle), assurez-vous d'avoir des gants isolants, lunettes de sécurité, tapis isolant si vous travaillez sur des surfaces conductrices, et un dispositif de mise à la terre portable si nécessaire. En environnement domestique, certaines mesures ne nécessitent pas de mégohmmètre, mais pour une évaluation complète, notamment en restauration d'un moteur ancien ou en cas de présence d'humidité, le test d'isolement s'impose. Pour les professionnels intervenant sur l'électroménager, l'investissement dans des instruments adaptés est rentable : un testeur multifonction, une pince ampèremétrique et un mégohmmètre portable couvrent la majorité des besoins diagnostiques. Il faut aussi évoquer la calibration : tous les instruments doivent être calibrés périodiquement pour garantir des mesures exactes. Tenez un carnet de calibration et vérifiez la traçabilité. La connaissance des limites des instruments évite de tirer des conclusions erronées : par exemple, un multimètre bas de gamme peut afficher une résistance proche de zéro pour un enroulement sain, mais n'est pas capable de détecter un court-circuit de faible résistance entre spires ; c'est là que le test d'isolement ou un test dynamique s'avère nécessaire. Enfin, la documentation et la formation sont primordiales : comprendre comment interpréter les mesures et relier les symptômes (bruit, échauffement, surintensité) à des causes électriques ou mécaniques est ce qui transforme un ensemble d'outils en diagnostic fiable. Dans ce contexte, Dépannage Electromenager propose des guides et des références pratiques pour les interventions sur appareils domestiques ; citer des ressources spécialisées peut aider à compléter la formation pratique. En synthèse, savoir comment tester un moteur nécessite une sélection judicieuse d'instruments : multimètre, mégohmmètre, pince ampèremétrique, oscilloscopes et analyseurs moteurs, complétés par outils mécaniques et EPI, le tout utilisé avec méthode et dans le respect des règles de sécurité.
Procédure détaillée pour tester un moteur : tests électriques pas-à-pas
Ce troisième chapitre est entièrement consacré à la méthodologie pratique et chronologique pour tester un moteur au plan électrique. Nous décrivons étape par étape les essais incontournables, les valeurs de référence, l'interprétation des résultats et les pièges à éviter. L'objectif est de fournir une procédure reproductible qui permette de diagnostiquer la plupart des défauts électriques rencontrés sur moteurs d'électroménager ou industriels. Commencez par la vérification visuelle : connecteurs, bornier, soudures, traces de surchauffe ou d'arc électrique, état des isolants et présence éventuelle d'odeur de brûlé. Notez l'état du rotor et du stator si accessible. Contrôlez les balais et contacteurs sur les moteurs à collecteur. Après l'inspection visuelle, assurez-vous que le moteur est hors tension et isolé. Premier test : la continuité. Utilisez un multimètre en position ohmmètre pour vérifier la continuité entre les bornes des phases (ou entre bobines pour moteur monophasé). Pour un moteur triphasé, mesurez la résistance entre U-V, V-W, W-U. Les trois mesures doivent être proches et cohérentes ; un écart significatif indique un enroulement endommagé ou une connexion défaillante. Résistance très basse (presque court-circuit) ou infinie (ouvert) indiquent respectivement un court entre spires ou un enroulement coupé. Notez que la résistance varie selon la température : pour les mesures comparatives, effectuer les tests à température ambiante permet une meilleure comparaison. Deuxième test : mesure de la résistance d'enroulement. Mesurez précisément la résistance des enroulements et comparez-la aux valeurs attendues (si disponibles sur la fiche technique). Sur un moteur de petite puissance, on peut trouver des valeurs d'ohms faibles ; sur des moteurs plus grands les résistances peuvent être très basses. Utilisez un appareil avec bonne résolution et, si possible, une méthode four-wire (Kelvin) pour des mesures de très faible résistance afin d'éviter les erreurs dues à la résistance des cordons. Troisième test : test d'isolement. Avec un mégohmmètre, appliquez la tension d'essai adaptée (généralement 500 V ou 1000 V selon le moteur) entre chaque enroulement et la masse (carrosserie), puis entre enroulements. Interprétez les valeurs : une lecture supérieure à 1 MΩ peut être considérée comme acceptable pour des équipements basse tension et anciens, mais pour une sécurité optimale on vise plusieurs dizaines ou centaines de mégohms sur un moteur neuf. Des valeurs dégradées (quelques MΩ ou moins) indiquent l'absorption d'humidité ou une contamination par poussières conductrices ; il peut être nécessaire de sécher l'enroulement (chaleur contrôlée, temps) ou de procéder à un nettoyage professionnel. Quatrième test : test sous tension (mesures de courant et de tension). Après toutes les vérifications hors tension, réalisez des essais sous tension en respectant strictement les procédures de sécurité : si possible utilisez un variateur pour monter progressivement la tension ou un démarreur progressif pour limiter les chocs mécaniques. Mesurez le courant au démarrage et en régime établi. Un courant d'appel excessif peut signifier un court-circuit entre spires, un condensateur de démarrage défectueux (pour moteurs monophasés), un enroulement partiellement court-circuité ou une charge mécanique excessive. Mesurez également la tension aux bornes sous charge et comparez aux valeurs nominales. Cinquième test : test de polarité et d'équilibrage pour moteurs triphasés. Vérifiez la rotation et la séquence de phase avec un indicateur de rotation ou en testant avec une petite charge. Un mauvais ordre de phases fera tourner le moteur à l'envers et peut endommager des mécanismes. Mesurez le déséquilibre de courant entre les phases ; un déséquilibre supérieur à 10% peut indiquer un problème. Sixième test : détection de courts entre spires. Certains appareils d'analyse moteurs permettent de détecter des courts entre spires localisés en mesurant l'inductance ou en appliquant des impulsions et en analysant la réponse. Les courts entre spires induisent une surchauffe, une diminution de l'efficacité et un courant plus élevé. Septième test : vérification des circuits auxiliaires. Pour les moteurs monophasés équipés de condensateurs, mesurez la valeur et la tension présumée du condensateur. Un condensateur de démarrage défaillant se traduit souvent par un moteur qui vibre, grogne et qui ne parvient pas à atteindre la vitesse nominale. Vérifiez également les résistances de démarrage, les relais, et les contacts de sécurité. Huitième test : essais dynamiques et thermiques. Si possible, effectuez un essai sous charge nominale pour mesurer la montée en température et vérifier l'absence de surchauffe anormale. Un moteur en bon état voit sa température stabiliser ; une augmentation rapide ou des cycles thermostatiques répétés indiquent un problème d'isolation, de surcharge ou d'aération. Neuvième test : diagnostic des anomalies sonores et vibratoires. Utilisez un stéthoscope mécanique ou des capteurs de vibration pour localiser les zones de frottement, défauts de roulement ou déséquilibre rotorique. Les vibrations à certaines fréquences peuvent correspondre à des problèmes précis (p.ex. défaut de roulement, balourd, défaut d'alignement). Enfin, consignez toutes les mesures et interprétations : resistance mesurée, valeur d'isolement, courant de démarrage et en charge, éventuelles observations mécaniques. Ces données permettront de décider entre réparation (ré-enroulement, remplacement de roulements, changement de condensateur) et remplacement du moteur. Savoir comment tester un moteur implique aussi de connaître les réparations standards et leurs limites : un enroulement partiellement court-circuité peut être réparé par ré-enroulement, mais selon la valeur commerciale du moteur, l'opération peut être non rentable. En résumé, la procédure de tests électriques pas-à-pas combine une inspection visuelle, mesure de continuité, résistance, isolement, tests sous tension et analyses dynamiques, chacun apportant des indices complémentaires pour un diagnostic fiable.
Tests mécaniques et inspection détaillée : roulements, collecteurs, balais et rotor
Au-delà des tests purement électriques, tester un moteur exige une inspection mécanique approfondie. Ce chapitre met l'accent sur les contrôles mécaniques essentiels : état des roulements, usure du rotor, état du collecteur et des balais pour moteurs universels, jeu axial et radial, équilibrage, système de ventilation et scellement. Un moteur peut avoir des enroulements parfaitement sains mais présenter un défaut mécanique qui génère surintensité, échauffement ou vibrations, et conduire à l'échec de l'appareil. Commencez par vérifier les roulements : un roulement usé se manifeste par un jeu excessif, un bruit spécifique (grincement ou grondement), et parfois une montée en température localisée. Démontez le moteur si nécessaire pour accéder aux roulements et contrôlez l'état des cages, billes, bagues intérieure et extérieure. Cherchez des signes de contamination (poussières, particules métalliques) et d'insuffisance de lubrification. Remplacez systématiquement les roulements endommagés par des pièces de qualité et respectant les tolérances d'origine. Le jeu axial (mouvement longitudinal de l'arbre) et le jeu radial (mouvement transversal) doivent être mesurés avec un comparateur et comparés aux spécifications du fabricant. Un jeu excessif peut induire frottements avec le stator ou les capteurs, usure prématurée du collecteur ou des joints. Le rotor doit être inspecté pour détecter des déséquilibres, fissures, ou dommages aux cages (pour rotors à cage d'écureuil). Un rotor voilé ou déséquilibré provoque des vibrations cycliques mesurables, usure prématurée des roulements et fluctuations du courant. L'équilibrage dynamique peut être nécessaire après réparation ou remplacement d'éléments. Pour moteurs à collecteur, contrôlez l'état du collecteur et des balais : l'usure des balais, la présence de dépôts charbonneux, les rainures et l'état de surface du collecteur influent sur la conduction et la formation d'étincelles. Un collecteur endommagé génère des étincelles excessives et peut endommager l'électronique d'entraînement. Nettoyez ou rectifiez le collecteur si nécessaire, et remplacez les balais usés. Vérifiez la tension de ressort des porte-balais et la qualité du contact. Certains moteurs universels utilisés dans l'électroménager (p.ex. moteurs d'aspirateur, moteurs de perceuse intégrés dans appareils) nécessitent un entretien périodique des balais. L'alignement et le couplage mécanique avec la transmission (courroies, engrenages, poulies) doivent être vérifiés : une courroie trop tendue ou mal alignée entraîne des charges radiales supplémentaires sur l'arbre et les roulements, et une usure prématurée. Si le moteur est monté sur silentblocs ou supports antivibratoires, contrôlez leur intégrité ; un amortisseur détérioré peut transmettre des vibrations à la structure et être confondu avec un défaut du moteur. Le système de ventilation (ventilateur, ailettes, grilles) doit être exempt d'obstruction : un flux d'air insuffisant conduit à une surchauffe et accélère la détérioration de l'isolant. En présence de poussières grasses (p.ex. dans une cuisine), nettoyez soigneusement la ventilation. En ce qui concerne les joints et l'étanchéité, l'entrée de liquides (huile, eau) peut contaminer l'isolant et provoquer des courts-circuits ; vérifiez les joints et planifiez des mesures d'étanchéité adaptées. Lors de l'inspection mécanique, documentez l'état de chaque composant et prenez des photos pour référence. Les tests de rotation à la main doivent être effectués pour sentir des points durs ou des frottements ; une résistance non homogène peut indiquer un enroulement court-circuité exerçant une force de freinage magnétique sur le rotor. Pour des diagnostics avancés, l'utilisation d'un analyseur de vibration permet d'identifier la nature du défaut par l'analyse spectrale (fréquences caractéristiques des roulements, balourd, désalignement). Un tachymètre et un enregistreur permettent d'observer les variations de vitesse et de détecter des glissements ou des problèmes d'entraînement. Lors d'interventions sur appareils électroménagers, l'accès au moteur peut nécessiter le démontage partiel de la machine ; respectez les consignes du constructeur, et si vous représentez un service professionnel comme Dépannage Electromenager, proposez systématiquement un contrôle mécanique en complément des tests électriques afin d'offrir un diagnostic complet au client. Le coût et la durée d'une réparation mécanique (remplacement de roulements, rectification de collecteur, équilibrage) doivent être comparés au coût d'un remplacement complet du moteur, en tenant compte de l'âge de l'appareil et de la disponibilité des pièces. Enfin, une fois la réparation effectuée, effectuez des tests de validation : essais de démarrage, mesure des courants, observation des températures, contrôle des vibrations et test d'endurance court pour vérifier la bonne tenue des composants réparés. En conclusion, savoir comment tester un moteur exige de combiner des mesures électriques et une inspection mécanique approfondie qui, ensemble, permettent d'identifier la majorité des causes de panne et de proposer une solution durable.
Interprétation des résultats, diagnostic avancé et décisions de réparation
Le dernier volet traite de l'interprétation des mesures et de la décision qui suit : réparer, ré-enrouler, entretenir ou remplacer. Tester un moteur sans savoir interpréter les résultats revient à faire des mesures sans enjeu. Ce chapitre fournit une grille d'interprétation, des scénarios de panne typiques, des recommandations pour les réparations et des critères économiques pour choisir la meilleure option. Commencez par regrouper toutes les données collectées : résistances des enroulements, valeurs d'isolement, courants de démarrage et en service, observations mécaniques (roulements, vibrations), état du collecteur et des balais, résultats de l'analyseur moteur. Pour chaque valeur anormale, associez une probabilité de cause et proposez un plan d'action. Exemple de cas fréquent : résistances d'enroulement équilibrées mais isolement faible. Cela indique que les enroulements ne sont pas coupés mais que l'isolant est dégradé (humidité, contamination ou vieillissement). Solutions : séchage contrôlé, nettoyage à l'alcool isopropylique, puis mesure d'isolement après séchage. Si l'isolement reste faible, revernir ou ré-enrouler le stator est envisageable. Autre cas : une phase ouverte (résistance infinie entre 2 bornes) : en général l'enroulement est coupé ; la réparation nécessite un ré-enroulement ou un remplacement du moteur. Le choix dépend du coût du ré-enroulement versus le prix d'un moteur neuf, et de la disponibilité des pièces. Cas courant en électroménager : moteur monophasé qui tourne mais sans couple (patine) et consomme peu ; suspicion de condensateur de démarrage défaillant. Mesurez le condensateur et remplacez-le si la capacité est hors tolérance. Si le moteur présente un fort courant à l'arrêt (surtension) et échauffe au démarrage, suspectez un court-circuit entre spires : tests d'inductance et de courant d'appel aideront ; souvent, le ré-enroulement est la solution, sauf si le coût est prohibitif. Pour moteurs triphasés présentant un déséquilibre de courant entre phases >10%, recherchez une connexion défectueuse, une alimentation déséquilibrée ou un enroulement endommagé. Parfois, une mauvaise tension réseau suffit à créer un déséquilibre ; vérifiez la source avant d'interpréter comme défaut du moteur. Dans le cas de vibrations élevées avec résistance d'enroulement normale, privilégiez la recherche de défauts mécaniques : roulements, balourd, mauvais montage ou désalignement. L'interprétation des mesures doit intégrer l'historique d'usage : un moteur fortement sollicité ou installé dans un environnement poussiéreux verra son isolement se dégrader plus vite. Proposez des actions préventives : protection contre la poussière, ventilation adéquate, contrôles périodiques. Pour la décision réparation vs remplacement, voici une grille pratique : – Si le coût de ré-enroulement > 50-70% du coût d'un moteur neuf identique, privilégier le remplacement. – Si le moteur a subi une dégradation moindre (roulements, condensateurs, balais), la réparation est généralement rentable. – Si le moteur fait partie d'un appareil ancien dont la réparation mécanique est complexe (accès, pièces obsolètes), évaluez le coût total de main-d'oeuvre. – Prenez en compte la disponibilité des pièces, le délai d'intervention et l'impact sur l'utilisateur (ex. appareil critique). Pour les professionnels, documentez toute réparation par un rapport détaillé listant mesures initiales, actions entreprises, pièces changées et tests finaux. Cette documentation augmente la confiance du client et facilite d'éventuelles réclamations. En matière de sécurité et conformité, vérifiez après réparation : isolement, continuité de protection à la masse, vérifications des dispositifs thermiques et de sécurité. Certains moteurs équipés d'électronique nécessitent une calibration post-réparation. Enfin, développez une offre d'entretien préventif pour prolonger la durée de vie des moteurs : calendrier d'inspection, remplacement des consommables (balais, condensateurs), contrôles d'isolement périodiques, et suivi des vibrations. Pour le secteur électroménager, proposer un diagnostic clair et transparent (avec devis) facilite la décision du client entre réparation et remplacement et renforce la confiance. En conclusion, savoir comment tester un moteur va de pair avec la capacité d'interpréter les mesures, de proposer des interventions adaptées et de conseiller financièrement le client selon la gravité des défauts et la valeur de remplacement. Un diagnostic rigoureux, des tests méthodiques et une présentation claire des options garantissent une décision optimisée entre réparation et remplacement.
